Lorsqu’on écoute de la musique, une personne qui nous parle ou encore lorsqu’on regarde un film, le son glisse dans l’air et atteint notre oreille. En quelques millièmes de seconde, les oreilles captent les sons et les transforment en informations que le cerveau va pouvoir interpréter. Un grand voyage commence.
Entrée dans l’oreille
D’abord, le son arrive à l’oreille externe, qui correspond à la porte d’entrée. Les ondes sonores sont captées par le pavillon, puis se dirigent vers le conduit auditif. Elles atteignent ensuite le tympan, une fine membrane qui vibre et met en mouvement la chaîne ossiculaire. Celle-ci est composée du marteau, de l’enclume et de l’étrier. Petite pause culture : l’étrier est d’ailleurs le plus petit os du corps humain ! Ensemble, ils transmettent les vibrations tout en les amplifiant avant de les envoyer vers l’oreille interne.
L’étrier joue un rôle fondamental car il assure la jonction entre l’oreille moyenne et l’oreille interne via ce qu’on appelle la fenêtre ovale. Il est aussi intéressant de mentionner que l’étrier joue un rôle de protection de notre oreille, en effet le reflexe stapédien est un réflexe qui va permettre aux muscles adjacents de l’étrier de se bloquer pour limiter son mouvement lors que le son fort provoque une vibration trop importante.

Dans l’oreille interne
Arrivé à l’oreille interne, le son entre dans la cochlée, qui ressemble à une coquille d’escargot. En réalité, on y trouve un véritable « laboratoire acoustique », essentiel à la transmission du son. Elle contient une membrane flexible appelée
membrane basilaire positionné dans ce que l’on appelle l’organe de Corti, qui abrite les cellules sensorielles. Lorsque les vibrations atteignent la fenêtre ovale, le fluide de la cochlée se met en mouvement, entraînant celui des cellules ciliées. Il existe deux types : les cellules ciliées externes (CCE) et les cellules ciliées internes (CCI). Chacune d’elles joue un rôle.
Les CCE agissent comme de véritables amplificateurs naturels. Elles permettent à l’oreille de mieux sélectionner les fréquences entendues : c’est ce qu’on appelle la sélectivité fréquentielle, c’est-à-dire la capacité à distinguer des sons proches les uns des autres. Grâce à elles, on peut différencier deux notes de musique très similaires par exemple. Elles participent aussi à des phénomènes comme le démasquage binaural, qui permet au cerveau d’utiliser les deux oreilles pour mieux ressortir la parole du bruit. Ces cellules jouent aussi un rôle de protection ! En effet lorsque l’on entend des sons agressifs pour l’oreille elles se bloquent de sorte à protéger notre audition.
Les CCI, quant à elles, ont pour rôle de transformer les vibrations mécaniques en signaux électriques. Lorsque le liquide de la cochlée bouge, leurs petits cils déclenchent un message nerveux. Celui-ci est transmis au nerf auditif, puis au cerveau.
La cochlée possède également une organisation très particulière appelée tonotopie. On peut la comparer à un petit piano enroulé sur lui-même : chaque zone de la membrane basilaire est spécialisée pour une fréquence précise. L’entrée de la
cochlée répond principalement aux sons aigus, tandis que son extrémité est sensible aux sons graves. Cette organisation permet au cerveau d’identifier la hauteur du son entendu et de distinguer les différentes fréquences du monde sonore.
On retrouve aussi dans l’oreille interne les canaux semi-circulaires, au nombre de trois (canal antérieur, canal postérieur et canal latéral). Ils détectent les mouvements de la tête et les rotations dans l’espace. Ils jouent un rôle essentiel dans le maintien de l’équilibre et de la posture.
Jusqu’au cortex
Après que les vibrations sonores ont été transformées en influx nerveux dans la cochlée, le noyau cochléaire prend le relais. Il analyse les caractéristiques de base du son c’est-à-dire extraire la hauteur, l’intensité et le rythme du son, avant de transmettre l’information au complexe olivaire supérieur. Celui-ci compare les informations issues des deux oreilles afin de pouvoir localiser la source sonore. Le message auditif est ensuite relayé et affiné par le noyau du lemnisque latéral vers les centres supérieurs.
L’information atteint ensuite le colliculus inférieur, où elle est intégrée et où sont déclenchés certains réflexes auditifs. Puis, le corps genouillé médian transmet l’information auditive jusqu’au cortex auditif. Le cortex permet la perception consciente et l’interprétation des sons : c’est à ce niveau que le voyage du son s’achève.





